Grandir, c'est mourir un peu.

 

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Se taire.

 C'est toujours le soir, dans mon lit, quand le téléphone a été raccroché, un peu à celle qui balancera l'autre le plus vite, que les démons surviennent, que mes conneries sautent à la gueule de ma putain de conscience et que je ne sais plus tout à fait comment m'endormir.

 Je n'ai pas tout à fait saisi pourquoi. Les larmes me brûlent, les mots d'amour se consument et les fleurs s'en vont fâner, et moi, je reste là.
 Ecrire pour ne pas hurler. Boire pour ne pas penser. Baiser pour ne pas crever.
 Se taire, se taire, se taire.

 Trop de fois, par le passé, j'ai hurlé Tu ne m'aimes pas comme on brandit un drapeau. Trop de fois, sans la moindre conscience du mal que je faisais.
 Un revers de bâton, je saigne, je souffre. Et je comprends enfin.

 Des yeux pour voir, mais pas de tête pour penser.
 Je m'agenouille et je constate. Pas un mot.

 Pâle reflet de ce que l'on a peur de devenir.
 Je me tais, je baisse les yeux, je ne sais plus.

 J'ai tenté d'écrire, sacrifier mon bac blanc de sciences de cet après midi pour quelques pages qui sont parties au feu. Je vais me planter.
 Me taire.

23.1.06 09:28


L'originalité.

 Il est vrai qu'on ne se débarrasse pas du rouge aussi facilement qu'on se débarasse du violet.
 Le rouge c'est mon premier amour, alors.

 J'ai pris un coup de plume, si ce n'est de griffe dans le coeur.
 Mais quand on aime une pute, encore plus pute que moi, et que pour la première fois depuis longtemps déjà, on a plus peur des mots, il ne faut pas...

 L'originalité, c'était d'espérer m'aimer à peine, m'y faire aider. Parce que les cheveux et les couleurs, c'est une affaire de merdeuses, comme celles de réputation.
 L'originalité, c'était d'arriver à assumer à peu près ce que je ressentais, non pas ce que je faisais ou ce dont j'avais l'air.
 L'originalité, c'est de décider de ne pas rappeler, cette fois. La fois de trop, cette fois il ne fallait pas.

 Je pleure, je hurle et j'ai envie de tout casser, comme tout ce qu'elle a pu casser dedans. Mais demain, quand je m'éveillerai avec la toute dernière pensée, quand elle aura été assez sotte pour me laisser m'envoler sans un mot, sans un regard, sans une larme, il sera trop tard.
 
 L'originalité, ça avait été de l'aimer comme jamais on n'aime, comme quelque chose de joli, comme quelque chose de précieux. Mais c'est là que résidait la bêtise.
 Parce qu'un tas de merde n'est jamais ni précieux, ni joli.

 Je voulais partir, mettre du blanc partout, abandonner, et m'en aller crever.
 Mais c'est toujours à mon tour, pas cette fois, oh non pas cette fois.

 J'ai le ventre retourné, et le coeur décharné.
 Des insultes entrecoupées de mots d'amour.
 Mais déjà, la solitude prend des allures de partie de baise.
 Et ce que je chérissais, plus que tout, plus que moi, plus que ces mots qui m'empêchaient de trouver le sommeil, est mort. Je l'ai tué. Elle m'a tuée.

 L'avantage, c'est que dorénavant, je n'ai plus aucune envie de me faire aimer, quand je vois les tordus qui s'y risquent.
 L'inconvénient, c'est que je meurs un peu plus. Mais un peu plus ou un peu moins. Et que j'apprends à regretter ma confiance dans des mains sales.
22.1.06 19:01


Louise Brooks, et puis le gris d'espoir.

  Je ne sais pas vraiment pourquoi. Dans deux jours, la plateforme change, les mises en page aussi.
 
 C'est que depuis peu, j'aime le blanc rayé de noir, mes envies rayées de mes actions.
 C'est peut-être moins gai, c'est peu être plus sobre, peut-être plus tout à fait moi. Mais tellement Louise.

 Je voudrais un corsage blanc, du crayon noir, et une frange, comme Louise.
 Oh, j'ai une frange. Pas tout à fait comme Lou, qu'importe.

 Ce n'est pas bien de s'attribuer des couleurs. Je prendrai les non-couleurs.
 J'ai le moral dans les chaussettes, et les regrets sur le quai des adieux. A Dieu.
 Réveillez moi.

 Je ne travaille toujours pas. Simplement, je recommence les photos en noir et blanc.
 En attendant de détrôner Louise.
 Rêvons en choeur mes chéris.

 Une dernière pour la route.


 Le désespoir me prend à la gorge, marque ma peau, casse mes reins.
 Cependant.
 Le désespoir est artistique.
 Le désespoir a quelque chose de magique, de magnifique.
 Je prends.

22.1.06 18:03


Si seulement.

 J'ai des envies d'autre chose.
 Et pourtant, entre les listes, je n'appose pas un mot sur le papier, je décortique TV mag et je n'ose pas passer le seuil de la porte. Comme une angoisse qui se profile.

 Alors sans doute, je vais mieux, et leur avouer quelques bribes de mes craintes m'a fait du bien. Mais je reste plantée là, sans oser un pas.
 J'aurais bien aimé qu'un tente un regard, essaie d'accoster le mien et y discerne ces craintes qui me privent tour à tour de sommeil, de fougue ou bien d'envie.

 Les bras ballants, le coeur serré, les yeux baissés.
 J'attends.

 Bientôt je vais arriver comme une fleur, et hurler mes démons à la face du monde.
 Bientôt, ils n'auront plus le droit de faire comme si de rien n'était.
 Mais pas encore, alors j'attends.

 Comme un frisson. J'ai peur, si peur.
 Comme un peu trop seule, quand je m'avance dans votre indifférence.
 Comme un peu trop sotte quand je ne comprends plus pourquoi c'était vous ou mes rêves.

 Tellement envie de relever les yeux. Et mon sang se glace, mes lèvres tremblent, les larmes montent.
 Je tremble comme une feuille à l'idée de passer la porte.
 Je voudrais mourir plutôt que de demander un peu d'attention.
 Mais tellement besoin.

 Il n'y a plus de lumière.
 Même au milieu du cercle, telle une fleur qui se meurt.

 Je vous supplierais à genouxde venir me cueillir, si seulement je savais parler.

21.1.06 20:34


Try to be lovely.

 Je végète chez moi, d'une pièce à l'autre, dans des fringues bien trop grandes pour moi, avec la frange embrousaillée. Il y a Zola, Théophile Gautier, des pages couvertes de quelques mots, de nouvelles listes et des fraises tagada qui datent de l'ère glaciaire.

 Mais déjà, je crois que ça va mieux.
 Un peu.

 Merci à Flo pour ce morceau de concert de Clarika, j'étais aux anges. Et puis j'attends mon totgraphe impatiemment [mercimercimerci].
 Merci à Toi, d'être toi.
 Et merci à Tensey d'essayer, malgré tout. Parce que, mine de rien...

 Sinon, je me suis faite éhonteusement plagier par une demoiselle de 20six, qui m'a pompé des notes entières pour remplir son blog. Heureusement que SuperLily était là pour veiller au grain. Il est moche en plus son blog, je trouve, mais reconnaissons qu'elle a un bon style *proud*.
 Je ne vais pas lui faire de la pub, non plus, mais grand bien vous fasse si vous la trouvez!

 Bon, j'ai une foule de choses à faire aujourd'hui, moi (hormis pourrir sur mon canapé):
      - Initier ma mère aux joies du mail pour la 72eme fois et espérer que ce sera la dernière.
      - Réponse au courrier de Jess, Mikako, Dicey, Lily, Isabelle, Pilopp, Anaïs (qui n'a même plus de blog, je crois) et n'oublier personne, si ce n'est pas déjà le cas.
      - Lire du Zola et ne pas en mourir.
      - Commander les Converse dont je rêve jour et nuit depuis que je les ai croisées au détour d'une page web.
      - Envoyer la photo de mon cadeau au LittleNoel, que j'ai zappé éhonteusement, et envoyer un mail à la demoiselle qui me l'a expédié.
      - Faire des photos.
      - Ecrire cette saleté de poème qui me torture jour et nuit depuis l'annonce du concours.
      - M'excuser.

 Et puis j'ajouterai que ça ne vous tuera pas d'être un tant soit peu gentils, spécialement quand tu as quelqu'un au bout du rouleau pas loin. Non, je ne suis en aucun cas en train d'avouer publiquement que je suis au bout du rouleau, tu rêves, là.

 Please, try to be friendly lovely.

21.1.06 17:06


Effacée.

 Dès que mon père passe la porte, comme une envie de partir, de me sauver, et de courir, encore.
 Dès qu'ils me parlent, ou pire, me regardent, je rentre sous terre, comme une peur terrible d'un éclair qui se profile à l'horizon.
 Dès qu'elle en a trop dit, je n'ai eu qu'une chose à faire. Effacer, effacée, EFFACEES.

 Comme dans ce si beau film, ou presque, mais non je ne suis pas une mandarine, mais non la fin n'est pas jolie.

 Eux existent loin de moi, elle n'existe déjà plus, et moi, jamais je n'ai existé.
 Incolore, inodore, mais où te caches-tu, indolore?

 Il n'y a plus que des traces de moments passés, des restes de RêVes avortés. Mais si les initiales sont gravées, les sourires ne sont plus qu'éphémères.
 Je crois que ce soir, je vais m'effacer, toute seule, comme une grande. Parce que sans le rêve, plus rien n'a d'importance, pas même de grands yeux bleus, pas même un souffle dans ma nuque, pas même...
 Je l'ai effacée, je vais les effacer, et ce sera mon tour.

 Mais d'abord raturons.
 Si je l'avais raturée, peut-être aurait elle compris comme ses mots ont arraché ce coeur qui ne demande qu'à se faire avaler effacer.
 
 Je rature, j'efface. Allez, va t'en.

 Je les aimais, tu sais.

20.1.06 21:37


Amertumes

 J'ai écrit des coeurs meurtris, des soleils qui courtisaient des lunes, et des feuilles mortes, aussi.
 Mais c'était déjà trop, je suis rentrée dormir, j'ai manqué quelques heures, oublié de résister.

 Je cherche quoi faire de moi, en vain. Comme la clé n'était plus cachée si près. Même en photo, je ne sers plus à rien.

 Il faudrait que j'apprenne à embrasser les rimes, commence à comprendre Mozart et cesse de recracher ces regrets.
 Je me soustrais à leur chemin, amertumes, comme une envie de transparence, envie de vide.

 Je suis amère comme mon amour se meurt, amère comme mes regrets me tannent, amère comme je suis seule encore. Et dégueulasse, comme mes cafés salés.

 C'est une belle journée, je m'en vais tuer ces belles idées qui tourbillonnent et ne se taisent plus.
 Je déteste ces idées de grand. Moi j'aime la boue. Mes pieds nus dans une boue chargée d'amer. Loin de vous.
20.1.06 19:45


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